Entretien avec Dior Fall Gueye (Dior Sénégal), femme entrepreneure

« Investir dans les femmes est l’un des moyens les plus efficaces pour assurer l’égalité́ et promouvoir une croissance économique inclusive et durable. »

Il est rare de se connecter sur les réseaux sociaux tels que facebook, twitter et surtout LinkedIn sans voir une de ses publications passer avec des centaines de réactions. De son vrai mon, Dior Fall Gueye, cette jeune femme sénégalaise âgée de 30 ans est très au fait de la nouvelle technologie. Elle a réussi à faire des réseaux sociaux un instrument de communication efficace et professionnelle avec des publications régulières sur les jeunes entrepreneur(e)s sénégalais(e)s à travers sa plateforme KAAY JOB Sénégal (« viens travailler » en wolof). Ces activités sur les réseaux sociaux lui ont valu le surnom de « Dior Sénégal ». Elle vient d’être nominée parmi les 100 jeunes leaders du Sénégal par le club LABO qui promeut l’entreprenariat chez les jeunes. Influenceuse et activiste, Dior Guèye est une femme d’exception. Elle a accepté d’accorder cet entretien à l’ONP, à l’occasion de la célébration du 8 mars.

1- Parlez-nous de vous.

Je m’appelle Dior Fall Gueye. Je suis une jeune femme sénégalaise, diplômée en marketing à l’Institut Supérieur de Management (ISM) de Dakar. Passionnée d’entrepreneuriat et qui je participe à la valorisation du travail de jeunes entrepreneurs locaux. J’ai eu à travailler dans le pole pôle entreprenariat de l’ISM Dakar, puis à Interaktive, Global Business Corporate, Transpallen, IFISTA, etc. J’œuvre pour la promotion de la destination Sénégal à travers la plateforme « Dior Sénégal » qui met en avant la beauté, les merveilles, la diversité culturelle et l’hospitalité qui font notre pays. …

Je suis Co-fondatrice de Gaïnde Group Holding, une entreprise sénégalaise composée de plusieurs entités indépendantes spécialisées dans le marketing digital, la production audiovisuelle, le développement web, le Community management, la communication digitale, formation et le renforcement de capacité. Je suis également, co-fondatrice de la plateforme KAAY JOB présente sur les réseaux sociaux tels que facebook, Twitter et LinkedIn pour valoriser le travail de nos entrepreneurs locaux ; co-fondatrice et Administratrice Générale chez ADG Couture ; et membre de l’équipe communication et qualité de Sharing Business. Cette dernières fait la promotion des entrepreneurs.

2-Comment vous est venue l’idée de vous lancer dans l’entreprenariat ?

J’ai toujours était entreprenante, depuis mon plus jeune âge. Déjà au collège, je faisais du petit commerce et je vendais un peu du tout. Ceci est dû à mon éducation car dans ma famille, nous aimons entreprendre. J’avoue que cette petite autonomie financière me procurait déjà un sentiment liberté et d’indépendante.

Notre pays présente une multitude d’opportunités de business à la portée des jeunes formés aptes à porter des idées de projets innovants. A mon avis, l’entreprenariat reste jusqu’ici la seule solution à la lancinante problématique de l’emploi des jeunes. L’Etat ne peut pas donner un emploi à tous les jeunes. Par conséquent, c’est à la jeunesse de se lancer dans l’entreprise, bien sûr avec l’accompagnement de services du Gouvernement en charge de la question de l’emploi des jeunes.

3-Pourquoi avoir misé sur les réseaux sociaux pour faire la promotion de vos activités ?

Les réseaux sociaux sont devenus, pour la majeure partie des jeunes entrepreneur(e)s, un excellent outil de communication qui permet d’assurer une visibilité parfaite de leurs produits et services. C’est ce qui est d’ailleurs à l’origine de la naissance et du développement de la vente en ligne au Sénégal et en Afrique.

Capture d’une publication sur la page LinkedIn de Dior

4-On vous qualifie d’influenceuse du web, en quoi consiste selon vous le métier d’influenceuse ?

Le métier d’influenceur consiste à influencer l’opinion, renforcer la visibilité d’un produit auprès d’une communauté virtuelle, attirer l’attention de cette dernière sur un projet ou sur tout autre sujet qu’il considère pertinent. L’influenceur est un leader d’opinion capable également de porter l’image d’une marque et par ricochet d’en assurer sa promotion à travers ses publications suivies et fortement partagées par un nombre impressionnant d’internautes qui adhérent à une cause.

5-Pourquoi faites-vous la promotion des jeunes entrepreneurs sénégalais sur les réseaux sociaux ?

Les jeunes entrepreneurs ont besoin du soutien de tous, particulièrement des personnes les plus suivis sur les réseaux pour se faire connaitre et faire connaitre leurs produits et services. C’est à travers cette visibilité qu’ils arriveront à décrocher des marchés, à accrocher de nouveaux clients, à multiplier leurs ventes, donc à réaliser un chiffre d’affaire satisfaisant. En promouvant les jeunes entrepreneurs, j’encourage parallèlement les jeunes à rejoindre la dynamique de l’auto-entreprenariat. C’est ainsi qu’ils pourront accéder à un emploi décent. Je les exhorte à ne pas rester les bras croisés attendant qu’un miracle se produise.

6-Que pensez-vous de l’entreprenariat féminin ?

Les femmes dirigent un tiers des entreprises de l’économie formelle dans le monde. L’entrepreneuriat féminin est aussi un des piliers de l’économie sénégalaise. Il s’impose comme solution au chômage. C’est une source intarissable de création de la valeur, ceci est perceptible dans les politiques publiques et les interventions des acteurs économiques. L’entrepreneuriat féminin n’a pas qu’un intérêt économique, mais bien plus, c’est aussi un indicateur du degré d’émancipation de la femme.

Certaines normes sociales empêchent aux femmes d’envisager la création d’entreprise, comme certains obstacles systémiques font que de nombreuses femmes entrepreneures restent confinées à de très petites entreprises opérant ainsi dans l’économie informelle.

Investir dans les femmes est l’un des moyens les plus efficaces pour assurer l’égalité et promouvoir une croissance économique inclusive et durable. Les investissements dans les programmes dédiés aux femmes peuvent avoir d’importantes répercussions sur le développement, puisque les femmes consacrent généralement une plus grande part de leurs revenus à la santé, à l’éducation et au bien-être de leurs familles et de leurs communautés.

7- Quelles sont les difficultés que vous rencontrez en tant que femme entrepreneure ?

Naturellement, les femmes leaders font souvent face à difficultés. Mais permettez-moi de vous rappeler que les femmes assument de hautes responsabilités dans le gouvernement et dans les plus grandes entreprises. Nous avons atteint un certain niveau d’engagement et de maturité. Même s’il y a encore des efforts à faire, le leadership féminin est au centre de tous les projets de développement. J’invite très humblement toutes les femmes à continuer à se battre, car c’est la seule manière de nous imposer et de prendre ce qui nous revient de droit : le pouvoir politique.

Capture d’une publication sur les pages de réseaux sociaux de Kaay Job faisant la promotion d’une entrepreneure sénégalaise (A lire ici)

8-Avez-vous eu à initier des activités orientées vers les femmes et les filles ?

Mon engagement en faveur des femmes ne date pas d’aujourd’hui. A chaque fois que mon agenda professionnel me le permet, je pars à la rencontre des femmes et des filles de l’intérieur du pays pour leur apporter mes soutien et orientation et les encourager à entreprendre.

Je suis aussi la marraine de plusieurs filles dans différentes régions du Sénégal. Par exemple, je les appuis en fourniture scolaire à chaque rentrée de classe. Elles ont toutes de bons résultats scolaires et sont engagées à défendre les intérêts des femmes.

9- Avez-vous ressenti les effets néfastes de la covid-19 sur vos propres activités ? Si oui, comment vous avez fait pour vous adapter ?

La COVID-19 n’a épargné aucun entrepreneur dans le monde. Cependant, rappelons qu’une des qualités de l’entrepreneur est sa capacité de résilience. Les nombreux avantages du numérique ont permis aux entrepreneurs de continuer à faire vivre leurs entreprises malgré la crise économique causée par la pandémie. Nos affaires marchent au ralenti certes, mais parvenons, grâce l’internet, à maintenir nos entreprises en vie.

10-Quel conseil donneriez-vous aux jeunes filles qui veulent entreprendre dans le domaine des TIC ?

Ce que je conseille aux jeunes africains plus particulièrement aux sénégalais qui veulent entreprendre, surtout les femmes, c’est qu’il faut oser entreprendre. Il faut qu’ils croient en eux car ils ont un potentiel extraordinaire. On n’est pas l’image que les autres se font souvent de nous. On est ce qu’on croit et que l’on bâtit. C’est à chaque personne de découvrir l’entrepreneur qui dort en elle.

Je dirais aussi aux jeunes filles de ne pas être attentistes car elles doivent entreprendre et ne pas avoir peur de l’échec. Seul l’esprit de créativité compte. Croyez en vos rêves et dites-vous que vous pouvez les réaliser.

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L’ONP vous fera découvrir ici, avec des portraits et entretiens, des profils de femmes sénégalaises d’exception. Site web : http://onp.presidence.sn/

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Observatoire national de la Parité

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